Journal I – Le 3 Juillet 2018


J’ai vu plus d’un matin radieux caresser
Les cimes des montagnes de son oeil souverain
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Full many a glorious morning have I seen
Flatter the mountain-tops with sovereign eye
Shakespeare, sonnet 33 

Quel incroyable poésie !

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J’aime bien Pascal Picq, comme personnage et comme auteur. J’approuve tout à fait son argument selon lequel un paléoanthropologue a des compétences particulières pour aborder la question du futur de notre espèce. Il fait partie de ces savants réjouissants, généreux et décomplexés typiques de notre temps. Il a commis un dernier livre à l’intelligence buissonnière, donc évolutionnaire, qui fait plaisir à lire ! 

Préparation à un nouveau changement de mode de vie ! Deux journées en une seule pour pouvoir écrire en mode rotative !

De 8hrs à 16hrs (vie publique et autres)
puis seul repas de la journée hors p’tit déj à 16hrs 
Sieste d’une heure avant 18hrs.
Puis rebelote en mode solo avec l’univers de 18hrs à 2 ou 3hrs du matin avec boost de fruits, intermezzo d’exercices swaram et thé vert !

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J’ai passé la journée à écrire un texte en en commentaire d’une note officielle préparatoire pour un colloque international sur le dialogue des religions et des cultures.

Je ne fais pas partie de ceux qui zappent la question religieuse, même si je n’appartiens à aucune. Les religions restent des forces motrices puissantes et même si je milite pour le post-spirituel et le post-religieux je les tiens en considération et sais qu’elles tiennent au tripe une partie notable de l’humanité. Elles sont de toute façons embarquées dans la mutation et c’est ce que j’ai mis en avant dans ce texte, dont voici un extrait : 

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Les sociétés contemporaines sont emportées dans un mouvement accéléré et irréversible de communication et de brassage des peuples, des idéologies, des religions et des cultures. Il met à mal les cultures traditionnelles, bouscule les normes et nous connecte – tous et chacun – à un flux continue d’actualité qui bouscule les repères individuels et collectifs et nous expose aux grands défis planétaires anxiogènes et à nos impuissances collectives. 

Les religions n’échappent ni à cette accélération ni à cette déstabilisation.

Six éléments majeurs mettent en tension le champ religieux :

 

1 – Les processus inéluctables de sécularisation et l’individualisation et la liberté de conscience bouleverse le cadre traditionnel du champs religieux . L’avènement des sociétés démocratiques et pluralistes, la garantie de la liberté de conscience et des cultes, l’autonomisation socio-économique des individus dans un espace public libéral, la volonté des individus de s’émanciper des cadres socio-religieux contraints et d’affirmer une foi authentique et singulière, la diversification des offres religieuses librement accessibles sur le « marché des croyances »  interpellent les cadres religieux traditionnels et les appellent à se reformuler dans des contextes jusqu’alors inédits et impensés.

2 – Toutes les religions sont désormais assignées à des situations de co-existence pacifiques et à construire en leur sein une nouvelle herméneutique spirituelle de l’altérité. Elles devront s’inscrire dans un paysage interconvictionnel et inclusif jusqu’alors inédit dans l’histoire en établissant des relations de co-existence égalitaires avec les autres religions, avec des athées et même avec des croyances qui dans l’histoire de certaines religions étaient considérées comme païennes et offensantes.

 

3 – Dans cette nouvelle configuration mondialisée de co-existence aucune religion ne peut s’inscrire dans un monopole totalitaire du sens. Cette situation constitue pour nombre d’entres elles – en particulier pour leurs franges les plus conservatrices – une révolution copernicienne douloureuse. A ce titre et pour prévenir  l’émergence de phénomènes réactionnels extrêmes qui ne pourront le supporter cette évolution les religions devront proposer de nouveaux cadres qui postule l’existence légitime de l’Autre comme un signe et une miséricorde et non un déni.


4 – Le dialogue inter-religieux devra sortir des questions doctrinales irréductibles pour oeuvrer à l’émergence d’un modèle opératoire de co-existence pacifique qui fonde le principe d’une unité inter-spirituelle élargie tout en préservant l’identité singulière et nécessaire de chaque religion. Il s’agit d’inventer de nouveaux cadres qui ne concernent pas seulement les autorités religieuses mais offrent aux pratiquants des moyens et des légitimités nouvelles d’ouverture et d’échanges inter-religieux concrets autour de grandes valeurs éthiques partagées : culture de paix et reconnaissance mutuelle, bienveillance éco-responsable universelle, respect des grands principes d’humanité.

5 – Les religions devront répondre aux défis des accélérations des technosciences (biotechnologies, épigénétique, intelligence artificielle, eugénisme) et aux révolutions anthropologiques, aux changements de modes de vie et de moeurs qu’induisent les bouleversements de la filiation, de la prolongation de la vie, des technologies réparatrices, l’apparition des robots auxiliaires de vie, la vie ubiquitaire dans des mondes virtuels… L’émergence d’un nouveau récit collectif de sens porté par la seule science et les aspirations de toute puissance des transhumanistes qui l’habitent doivent alerter quand à la nécessaire de la sagesse que porte les grands héritages spirituels de l’humanité. C’est aux religions de transmettre ce message en se mettant à jour des nouveaux défis.

6 – Les questions des urgences climatiques et environnementales, des migrations et de la justice climatique, des modes de vie durables et bienveillants envers les non-humains vont de plus en plus interpeller les religions au-delà des constats et des diagnostics à des engagements, des actions et des changements modes de vie. Il ne s’agira pas d’ajustements théologiques et d’adaptation de l’enseignement religieux mais de réintégration de la création dans sa totalité comme responsabilité radicale de l’humanité.

 

Ces six éléments constituent des urgences transitionnelles que les religions doivent anticiper pour se mettre à jour face aux grands risquent majeurs : le péril climatique, le délitement des sociétés rongées par la marchandisation et l’autisme consommatoire, l’explosion des sectes identitaires messianiques et totalitaires, les dérives des mutations bio-technologiques et des utopies technophiles.


Sans cette mise à jour qu’elles doivent engager et accompagner en apportant une nouvelle culture éducative et inter-spirituelle, les religions risquent de ne plus assumer leur rôle qui n’est plus tant de convertir l’humanité à leur foi, que de préserver en l’homme la foi en l’humanité.

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Journal I – 28 Juin 2018 

Complètement accaparé ces derniers temps par un travail sur le Leadership Féminin et la Paix au sein d’un organisme officiel marocain. C’est un bon exercice, dans les urgences des dossiers à clôturer et le stress d’un environnement peu aguerri aux épreuves, que de garder le fil d’or et le vrai regard. 

J’aime bien Pascal Picq, comme personnage et comme auteur. J’approuve tout à fait son argument selon lequel un paléoanthropologue a des compétences particulières pour aborder la question du futur de notre espèce. Il fait partie de ces savants réjouissants, généreux et décomplexés typiques de notre temps. 

Je n’en reviens d’avoir pu –  au coeur de ce maelstrom – renouer avec Yogi Besh Besh, reprendre le fil avec Savitri et créer ce site de notes sur mes cours de langues et la créolité :

Journal I – 28 Mai 2018

 

Une journée passionnante après la conférence d’hier Pinsaguel. Une disruption. Estoy muy bien. Mi estas contenta !

Depuis des années marinaient en mes tréfonds les différents composants d’un alliage contradictoire dont je ne trouvais pas la formule harmonique. Impossible de sortir ce magma polarisé et confus du feu de l’athanor intérieur. Impossible d’ouvrager et de forger, rien à faire !

L’idée qui m’agitait depuis longtemps était de relier l’évolutionnaire et l’Orange Bleue. Mais comment ? Mes essais improvisés tombaient à l’eau. Nous nous trouvions avec Rachel toujours pris, absorbés par des champs d’action, de terrain, matériel et sociaux qui donnaient du corps à l’Orange Bleue. Mais pourquoi accumuler tant de chantiers et de réalisations ?

Parallèlement nous construisions un mode de vie et de pensée « évolutionnaire ». Je notais, annotais des centaines de pages tandis que Rachel inventait des exercices, des modes d’être, des pratiques de vie qui s’infusait naturellement dans nos actions mais comment faire le lien et créer une dynamique pour communiquer, partager, essaimer…

Je la sentais mûrir la réponse à tout cela depuis des années… et je la sentais venir depuis des mois  dans cette partie étonnante de mon esprit qui plonge dans l’imaginal. Mais impossible d’accélérer le processus du mûrissement. Il devait arriver à son terme tout seul, en étant régulièrement « activé » d’attentions et de questionnements, en me laissant dans une sorte d’incertitude et de lâcher-prise… Chaque fois que j’ai  chercher à prendre les devants,  à accélérer artificiellement les choses en tentant des formulations, je me retrouvais à patiner lamentablement dans une purée conceptuelle décourageante.

Il fallait continuer à accumuler, apurer, écrire, inventer, formuler dans la pratique de vie, nous battre contre des résistances soulevés par nos actions et et projets dans des endroits ingrats du monde. Finalement nous sommes devenus porteurs au bout de toutes ces années de toutes sortes d’histoires, de réalisations, de projets… N’était-ce pas finalement dans un certain but dont nous  ne percevrions la finalité qu’avec le temps ?  La crédibilité qui émerge de toutes ces réalisations n’est-elle pas le meilleur crédit pour valider notre approche évolutionnaire ?

Depuis des années  nous portons avec Rachel toutes sortes de levains activateurs, de formules d’intelligibilité inédites, d’inspirations diverses qui sont le fruit de notre travail. Toutes ces modélisations, métaphores, inspirations ont été fécondé par nos combats, nos luttes, nos extases, nos brûlures, nos souffrances, mais aussi irradiés par nos joies de résilients. Comment les articuler en lien avec une formule communicante et opératoire.

J’en étais plus ou moins là…

Les questions durant la conférence m’ont titillé et révélé à quel point des personnes pourtant engagées dans des changements de paradigme restent dépourvus des leviers et activateurs stratégiques évolutionnaires. Leur pensées, portées par des intentions si pleines de bonne volonté, tournent en rond dans des modèles éculés, dualistes, spiritualistes, complotistes.  Enfin au retour j’écoutais une vidéo de Jean-François Noubet et une autre de Marc Luiyks que je trouvais l’une et l’autre vraiment désespérante. 

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Et puis hier nuit le colis est tombé, tout prêt. Je peux enfin commencer à formuler l’idée clairement à partir du champs de cohérence qui émane naturellement d’elle. Je peux en forger les formules, les liens, le relief, laisser se libérer avec fluidité l’intelligence compactée dans l’idée-force.

Cette combinaison m’habite à présent avec une certaine jubilation.

Nous avons enfin la formule que nous cherchions pour relier nos engagement OB/Institut Al Andalus à la dynamique évolutionnaire.

Il s’agit en fait de lier le chapelet d’initiatives des oranges bleues à un labo d’intelligence collective et sociale.

Les Oranges Bleue, composées d’un nuage d’actions « les ateliers », se trouveraient  relié à un lab d’innovation sociale. Ce dernier, parallèlement aux « ateliers »  permettraient de partager des nouvelles modélisations  sur des idées-forces  innovantes et opératoires :
Un lab de la mutation sociétale, (avec l’idée expérimentale des « chréodes sociales », les monnaies éco-sociales…)
Un lab de la verdoyance sur les nouvelles relations avec les mondes végétal et animal
Un lab sur les nouveaux paradigmes de la mort et les rituels de fin/accomplissement de vie
Un lab sur l’anthropologie de la post-humanité
Un lab sur la « séniorité » et la transmission
Etc…
… L’ensemble permettant de devenir « acteur de sens »

Nous garderions l’Institut évolutionnaire dans un autre cadre pour une autre étape pour des séminaires, accompagnement… : devenir « créateur de sens ».

Journal I – Le 21 Mai 2018

Maroc, Espagne, France, Mauritanie, Maroc,  France, Espagne, Portugal, Maroc… En cinq semaines…

Ces traversées d’espace et de temps – ces longues heures à 10 000 mètres d’altitude… Ces regards, ces histoires enchevêtrées, ce passé familial à décompacter pour un futur possible.

Je retrouve des champs de force mobilisés il y a plus de 20 ans en Mauritanie – qui étaient en attente dans la gare de mon histoire. Voilà que je remets tout ce beau monde et ces liens dans mon train…

La puissance de l’attention et la qualité de l’intention sont les seuls carburants de ma locomotive. Tout cela dans une tension d’abandon et les mains ouvertes. Je n’ai que cela en fait pour avancer dans le brouillard évolutionnaire.

Au jour le jour, dans la trame la plus humble du quotidien, nous créons l’Arbre de vie de notre vie. Dont les racines vont aux soubassements du monde et dont l’infini feuillage embrasse les ors du ciel. Un arbre palpable, charnu, vibratile, abri d’une multitude d’êtres et d’oiseaux.  Notre arbre évolutionnaire planté dans le réel émergent. Dont la sève nous irrigue et nous inspire pour transformer la tessiture rugueuse du présent en crinière léonine de joie et de feu. Afin de dézinguer la menteuse râpe du temps et sa camisole qui nous retiennent d’être la beauté que nous sommes .

Journal I – Le 29 Avril 2018

Le 29 Avril 2018


« Chaque conscience n’est qu’une fenêtre par laquelle l’univers se regarde lui-même » – Alan Watts

Cette citation m’a interpellé car elle ouvre une fenêtre de sens incomplète à mes yeux. L’univers ne fait pas que se regarder lui-même à travers nous à la manière contemplative d’un Bouddha. Qui finalement ne se regarde que lui-même… Il manque un principe actif là-dedans et notre présence dans l’histoire… Je dirais plutôt :

« Chaque conscience est une fenêtre par laquelle l’univers s’augmente et évolue ».

Lire Alan Watts dans les années 80 avait quelques chose de rafraîchissant. Il était transverse : taoiste, zen, universaliste, paganiste, féministe, hindouiste. Il n’était
inféodé à aucune chapelle, parfait anarchiste spirituel dans la lignée de Thoreau avec en plus quelques séances de LSD. S’il reste peu d’épaisseur à ce personnage  emblématique de la spiritualité beatnik on peut lui reconnaître d’avoir été un des pionniers du self-spiritualisme pour paraphraser Abdenour Bidar.

Journal I – Le 22 Avril 2018

Le 22 Avril 2018

Formuler, formuler, dire, inspirer, respirer avec tous les carats de la belle intelligibilité du sens.

Découvrir pourquoi et comment nous sommes – chacun, tous, et à travers tous – un projet de l’univers.

Il y a un point clé dans la vision évolutionnaire que je goûte et prise et dont je me délecte en y plongeant tout mon groin, en m’y vautrant d’aise : c’est l’idée-force du continuum, du flux de conscience qui traverse notre espèce depuis ses origines en tant qu’hominidés…  un continuum qui plonge vertigineusement dans la nuit cosmologique de nos origines.

Cette vague qui emporte l’espèce dans son torrent évolutif,  qui catalyse et balbutie des quantas de sens tout au long de son émergence –  ce vent d’ondes, cette poussée de chlorophylle, ce tapis de cotylédons frémissants, ce planton émeraude gorgé d’informations je l’éprouve à chaque instant me traverser, m’habiter et brasiller dans mes tréfonds. C’est mon Soi, mon Atman, le talisman incrusté dans les profondeurs de mes chairs, c’est le Swar des mondes. Ouah

Journal I – Le 21 Avril 2018 

Je me souviens de ces jouets fascinants de mon enfance : les boules à neige. Je ne suis pas étonné que des collectionneurs de ces objets soient organisés en réseaux nostalgiques de « chionosphérophiles » ainsi qu’ils se désignent. Et qu’ils se rassemblent par dizaines de passionnés du monde entier pour partager leur engouement.

Mais pourquoi évoquer les boules à neige que j’aimais tant secouer pour faire advenir cette magique pluie de flocons blancs sur un paysage de Noêl ? Ah…Tenir ainsi un monde au bout de sa main…et provoquer une féerie d’effets que mon imagination transformait en histoires…

J’évoque ce jouet parce tout au long de ma vie j’ai mobilisé la métaphore qu’il m’a toujours inspiré : attendre que la neige retombe… Car c’est une fois que celle-ci est bien retombée que l’on peut avec plaisir re-secouer la boule et reproduire la magie dans tout son éclat.

Tout cela pour dire que la neige actuelle de l’inspiration évolutionnaire est enfin bien redéposée – et que les temps sont mûrs pour relancer une nouvelle magie !

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 J’ai eu l’occasion il y a quelques jours de partager une présentation la vision  évolutionnaire à un ami. J’ai du procéder par des approches latérales progressives – en évoquant l’histoire – pour arriver au centre de sa question lapidaire : c’est quoi Dieu pour toi ?

Il est  curieux que tant de gens ne se posent pas la question de l’histoire de la conception de Dieu tout au long de l’évolution de notre espèce. On y va tout de go, comme si on pouvait faire l’économie de cette histoire et de la situation de notre question dans le curseur du temps. Le prisme contemporain par lequel nous nous posons la question de Dieu n’a rien à voir avec celui de l’antiquité, du Moyen-âge, voir du XIXème siècle, et même, osons le dire, du XXème siècle. Nous sommes dans un autre temps et il suffit d’ailleurs de se déplacer dans l’espace dans certaine région pré-moderne qui persiste encore pour quelques années sur la planète pour réaliser à quel point nous ne parlons pas du même Dieu. Bref, un beau sujet rarement abordé, dont nous ferons la fête le moment venu !

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Content de découvrir ces deux ouvrages. Celui sur Michel Servet, cet étonnant aragonais brûlé en place de Genève et dont l’héritage reste encore vivant chez les unitariens…

Et l’autre, enfin, sur le courant anti-moderne traditionaliste qui a gravité autour de René Guénon avec son lot d’illuminés et de sectes qui persistent jusqu’à nos jours dans divers calamiteux cercles ésotérico-soufis…, extrême-droitistes et complotistes que je connais bien !

Historiciser et contextualiser tout cela, extraire les personnages trop humains des auréoles et des manteaux « mystiques » dont ils se sont parés, mettre à jour les petites guerres intestines et sectaires qui ont fait leur quotidien… Et qui perdurent encore aujourd’hui… Tout cela ne peut que faire du bien au…Bien.

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Une certaine Afrique qui a soif de reconnaissance et de dignité – et je pense à toute sa jeunesse abandonnée sur le bas-côté de l’histoire – se jette avec avidité sur les mouvement radicaux kémistes portés par Kémi Séba, Jean Philippe Omutundé ou néo-spirituels africanistes comme le courant incarné, entre autres, par le farfelu Mbog Bassong… Un tapis de bombes se met en place en Afrique autour de l’idéologie du racialisme et des nouveaux messianismes noirs sans que nous nous en rendions compte. La « tension évolutionnaire » augmente dans cette région du monde et il est intéressant de la voir à l’oeuvre à travers ces canaux et médiums qui préparent les irruptions de demain. Ce sera l’objet d’un article à venir dans « géopolitique évolutionnaire ».

 

Journal I – Le 18 Avril 2018

Je commence à sentir la mise en forme des contenus autour de l’évolutionnaire me frétiller dans les neurones et les doigts. C’est bon signe. Le Manifeste évolutionnaire s’accouche plus lentement que je ne l’imaginais mais il vient. Non seulement il vient mais il presse par tous mes pores. J’ai fais un premier rubriquage/séquençage sur evernote. J’ai des tas de compilations qu’il me suffit de reprendre avec ce qu’il faut de souffle pour l’infuser dans les mots, les formules, le rythme, la sagacité du Sens.

Et puis les temps vrombillent (hihi Rimbaud !) de tous leurs feux. Un vertige giratoire semble emporter l’actualité dans une sorte de mer de plus en plus houleuse. Cela lève une lourde inquiétude dans les consciences et des vagues d’entropie et d’anomie traversés de révoltes et de pulsions violentes. Les temps s’aiguisent et annoncent les grands vents. Nous serons bientôt dans du Saint John Perse, dans du grand cru poétique déversé dans le réel. Le moment est venu alors de déboucher le champagne évolutionnaire pour fêter l’irruption de l’univers dans le cagibi de nos consciences !

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Enfin en place à Rabat. Posé dans une maison bien ancrée dans son jardin. Un mirador d’où j’aperçois des mouettes et des idées à la renverse. Le ciel est au bord de ma fenêtre et je manque régulièrement d’y tomber. Jamais je n’ai autant été disponible à cet espace intérieur/extérieur décloisonné avec toute la vulnérabilité que cela induit. Les taxis que je prends me semblent voler dans le ciel, les gens vont de- ci de-là – de hauts en bas – comme dans les peintures de Chagall. Mais je me tiens à la rambarde du temps alors tout va bien. Nous sommes bien en 2018 et je ne verrais pas les cavaliers almoravides traverser l’avenue Mohamed VI.

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Reprise progressive des langues, entre esperanto, arabe et espagnol. Quelques piqûres de chinois pour me distraire. Au fait demain j’ai rdv à l’Ambassade de Chine ! La Chine que je pratique tous les jours avec le navigateur Maxthon. La Chine dans mes cellules, traversée par les rêveries de Claudel, d’Ibn Battuta, de Guillaume Rubrouck, de Segalen, de Teilhard de Chardin… La Chine exonérée de Dieu prête à pactiser avec la démiurgique Intelligence artificielle.

 

Journal I – Le 5 Avril 2018

Les travaux de mise au point des exercices Swaram s’insèrent dans le flux temporel de notre quotidien du déménagement – parmi les cartons et les urgences. Un déméagament qui va nous mener de Marrakech à Rabat.

Cette activité nous ouvre à toutes les dimensions et à des partages très riches. Un bonheur de tenter ce lien avec l’intelligence des choses par nos corps et nos coeurs et nos esprits alignés.

Rachel allie la sensibilité d’une danseuse accomplie à une juvénilité radieuse et une conscience solaire.

La vidéo est trop lumineuse… Mais ce sont de essais, des jeux… Des reliances.
Nous allons y ajouter des musiques de Mère, Sunil et autres… Et des commentaires off à titre d’essais.

Notre travail et les séries vidéos de base seront en place pour cet été. Et seront finalisées par des pros

Maintenir la bonne vibration qualitative, l’axialité  fondamentale, quand les tensions multiples fomentent le chaos en usant de tous les interstices… C’est la bataille minutieuse face à un réel têtu et pugnace qui se rebelle à chaque instant.

Journal I – Le 1 Avril 2018

Lecture jubilatoire et inspirante de « l’Energie Humaine » de Teilhard de Chardin. Une page parmi d’autres :

Il y a une gustation dans son écriture. Teilhard écrit avec tout son être, avec sa respiration, et une inspiration qui affleure par vagues poétiques chaleureuses toutes sous-tendues par la volonté de partager les fulgurances de sens qui le traverse. Il y a du Saint-John Perse dans la houle et les rouleaux mais dans le flot inspiré de Teilhard on sent plus  fort les embruns cosmologiques.

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Nous préparons notre déménagement de Marrakech à Rabat. Une nouvelle étape se dessine qui s’inscrit dans la cohérence progressive de notre travail. En fin 2013 notre installation à Casablanca a permis d’établir l’Orange Bleue au Maroc et de nous inscrire dans le champ associatif local par le biais de jardin Ibn Al Awam et du premier congrès de permaculture que nous avons lancé et organisé à Casablanca.

Ensuite dans le cadre  de la Cop22 nous avons pris pied à Marrakech en 2016. Début 2017 l’Institut des Andalousies du Maroc à vu le jour avec un début d’histoire, un réseau et même un bureau. Tout cela a permis le lancement de cette aventure dans un axe Mali, Burkina, Espagne, Toulouse…Et des partenariats qui devraient se formaliser en 2019. Cela a été l’occasion de faire l’incroyable  jonction entre Aurovillage et le projet d’Al Andalus par le biais des Routes caravanières.

Rabat sera le lieu de lancement du mouvement évolutionnaire. La troisième pièce de la triade. En fait le coeur de notre histoire. Cette troisième locomotive va sans doute rapidement devenir la voiture de tête.

Entre les cartons du déménagement nous préparons les contenus « évolutionnaires » : mode de vie, alimentation, exercices Swaram, coaching, conférences, ateliers, séminaires, documents, prospectus, formulations inspirées des idées-forces, concept clés…Nous avons cet après-midi avec Rachel travaillé sur l’enchaînement des mouvements Swaram.

Notre décision est de nous lancer la phase opérationnelle dès que nous serons installés à Rabat. Ce qui est intéressant c’est que nous n’avons que très peu d’effort à faire. Toute cette histoire est infusée dans notre vie quotidienne depuis plusieurs années, par lampées, par étapes progressives, par sédimentation lente.

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Je me relance pour la nième fois dans les apprentissages/perfectionnements de l’espéranto, de l’anglais, de l’arabe, de l’espagnol, un peu de hindi et du chinois de base. Pour la communication, pour le plaisir et l’entretien des neurones. Je vais reprendre mon blog de langues.

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Participation ce matin à un congrès d’espérantistes à Marrakech dont nous avons participé à l’organisation. J’y présente le projet Al Andalus en espérant toucher des membres de ce réseau que j’aime tant. Si désuet qu’il paraît, je pense qu’il a de l’avenir et que l’espéranto n’a pas dit son dernier mot.